Cary, l’antidépresseur d’Arte

image3-copie-e1433335895372Ça va trop vite. Cary est juste mort et j’ai le sentiment qu’il a distribué des milliers d’années de bons mots et de rire autour de lui, dans les couloirs d’Arte, autour des coups de mains qu’il proposait chaque jour à qui en voulait bien.

Et juste après sa mort, je tombe sur les vieilles photos qui racontent Cary, l’enfance de Cary, la maman de Cary. Et là, ça va trop vite.

La maman de Cary.? Elle fuit les Sudètes avec le soldat Planchenault. Mais quand.? Cette nuit.? Hier.? Á la fin de la Guerre.?

Les Sudètes, c’est la Bohême, c’est un morceau de ce qui s’appelait la Tchécoslovaquie et qui est devenu la Tchéquie et la Slovaquie, ça c’est pour l’histoire et les bouquins.

Mais surtout je viens de comprendre que c’est le miroir de l’Alsace, les Sudètes.
Ce qui est un peu bizarre, personne n’en parle, ici, en Alsace, des Sudètes.
Sauf pour dire que c’est le premier geste militaire de Hitler. Hitler envahit cette partie de la Tchéquoslovaquie et il se donne l’air du sauveur de tous les allemands qui, habitant la Bohême, se sentent mangés par la Tchécoslovaquie, et donc, il y est accueilli comme un Héros. Les allemands des Sudètes passeront donc a la postérité comme des hitléro-convaincus…
D’ailleurs les chefs d’Etat vont rencontrer Hitler a Munich après ce premier test, et il reviennent visiblement satisfait… En laissant Hitler tranquille. C’est la première capitulation des Européens devant Hitler. celle qui va lui donner le courage de faire tout le reste. Du coup, après la guerre, les allemands des Sudètes apparaissent comme des vilains, parce qu’ils ont applaudi l’arrivée du Monstre.
Du coup, une fois la guerre finie, les tchèques vraiment tchèques les virent, ces tchèques allemand, les jettent de chez eux et récupèrent leurs maisons, leurs fauteuils, leurs pianos… C’est a cause de ça que la mère de Cary est arrivée en Alsace…

Elle a dû quitter une petite ville de Tchéquie. Une région qu’on appelle la Bohême, ou on faisait du cristal, du cristal de Bohême, je découvre que mon ami Cary il était enfant de Bohême…

De cette ville de Gablonz d’où sa mère est partie. Peut être déjà enceinte.

C’est a ce moment que commence l’histoire que j’ai découvert une heure après la mort de l’homme le plus populaire qui aie jamais travaillé à Arte (il disait «artà¤pfel» pomme de terre, pour comparer à Apple). Et quand je découvre soudain l’histoire, c’est sous la forme d’une énigme, de photos qui tombent d’une boîte a chaussures. Tout le silence de mon ami Cary, qui portait ce prénom so british.

Et tout se bouscule dans la boîte à chaussures. On dirait que tout a a toute allure sous les yeux. Cary avait un jumeau. C’est tout ce que je savais. Et qu’il était Normand.

C’est ce qu’on croyait tous.

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Categories: CARY PLANCHENAULT, LE MACHINISTE D'ARTE