Lettre à l'éditrice, à l'éditeur

Á côté de quelques textes courts, j’ai déjà commis deux fois et deux fois un commissariat a servi de métaphore à mon travail. Tout en écrivant ces histoires, qui distançaient ma mémoire, je méditais un travail qui serait davantage accompli et qui, malgré l'épiderme, ne sera pas un polar.: La Soublime enquête.

Tomi Ungerer, qui ne tarissait pas d'éloges à propos de la couverture de la première publication (Vos amis vous attendent, Desmaret, 2004), m’avait spontanément offert une illustration pour la deuxième publication (En attendant Obama, Au Fond du tiroir, 2009). Je lui adressai un exemplaire des trois tomes de la troisième publication (en mode «attente»). Il m’en exprima une certaine jouissance et une certaine illisibilité, «sauf pour des lecteurs insatiables et pointilleux comme moi, amoureux de la littérature et du whisky», avait-il ajouté.

BPC’est vous dire le pari de cette odyssée (qui prétend expliquer Lacan, fut-ce au secrétaire du pape, voire à un marchand d’or taïwanais), odyssée freinée par le souci d’un clavier bien tempéré. Ça commence, vous le verrez peut-être, par une montée haletante vers le néant des forêts où advient le cri d’une femme. Ensuite, il y a un long temps de suspension, aride d’apparence, agaçant (quand est-ce qu’on va retourner dans la montagne.? Se demande-t-on, je l’espère) mais, comme poire pour la soif, on a un surgissement d’une sorte de Dalaï Lama entouré d’une foule de travestis en goguette, on a un triomphe littéraire, on a un complot, on a des fantômes exterminés par le Non-être. Ça rend plus supportable, je suppose, ma tentative de répondre au pari des Précieuses Ridicules (Le Banquet de Platon en vrai, ainsi que Molière leur en prête le projet cuistrissime).

Les deux premiers tomes de La Soublime sont fin prêts à découvrir votre lecture (le troisième est en cours d’achèvement) au sujet desquels Anne-lise Heimburger dit le plus grand bien. Je vous en ai apporté un ramequin, vous vous ferez une idée.

Anatole

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